Mme Falceto, Directrice de l'école d'Exireuil

Dans le cadre de la nouvelle publication de l’Echo du Puits d’Enfer nous avons choisi de donner la parole à une figure locale. Pour cette édition, notre choix s’est porté sur Mme Falceto, la nouvelle Directrice de l’école. Cela fait 10 ans qu’elle habite la commune. Cette mère de famille de quatre enfants et grand-mère de deux petits-enfants a bien voulu se prêter au jeu.

Madame Falceto, bonjour et bienvenue à l’Ecole d’Exireuil. Tout d’abord parlez-nous de votre parcours professionnel…
Mme Falceto : « Je ne suis pas devenue institutrice dès ma sortie de l’école. J’ai d’abord travaillé pendant environ 12 ans dans l’entreprise familiale du bâtiment où j’étais commerciale. Chez moi, le fait de vouloir devenir fonctionnaire était inhabituel et c’est donc sur le tard que j’ai intégré l’IUFM. J’avais environ 35 ans. J’ai enseigné 1 année à Wilson, durant 8 ans en tant que Directrice de l’école Perochon de Saint Maixent. Ensuite j’ai souhaité évoluer au sein du RASED (Réseau d’Aide aux enfants en Difficulté), je suis intervenue dans différentes écoles du secteur niortais durant 3 ans en qualité d’enseignante spécialisée auprès d’enfants présentant des troubles du comportement. Nous habitions Exireuil à l’époque et pour des raisons familiales je souhaitais me rapprocher. Je surveillais la libération du poste de Directrice d’Exireuil, tout en étant Directrice de l’école primaire de Pamproux et le poste d’Exireuil s’est libéré et me voilà. »

Vous sentez-vous intégrée ?
Mme Falceto : « En tant qu’Exiroise, je me sens plus impliquée. C’est aussi plus facile de repartir avec une nouvelle équipe. J’ai déjà eu la chance de travailler avec certaines. Au niveau de la municipalité, on sent une envie de bouger, une énergie positive. Le personnel et les parents sont très agréables et m’ont bien accueillie. »

Et l’ouverture d’une classe supplémentaire…
Mme Falceto : « Ce n’est pas l’ouverture d’une classe supplémentaire mais plutôt le doublement des effectifs… cela demande un gros travail sur l’organisation. C’est un enrichissement personnel et professionnel, j’aime les difficultés et me lancer des défis donc ce n’est pas un problème. »

Y a-t-il un niveau, une classe qui vous semble plus difficile ?
Mme Falceto : « Dans l’absolu non. Chaque enseignant est plus ou moins à l’aise selon les niveaux. J’aime gérer les grands. Il y a plus de discipline et avec eux on peut faire de l’humour. Le contenu et les échanges sont plus intéressants. En CP, les enfants deviennent élèves cela demande de la patience. On ne sait pas pourquoi parfois une classe est plus difficile, parfois c’est l’autre… Et d’ailleurs cela ne vient pas forcément du nombre d’élèves, il suffit de quelques « affreux jojo » comme le dit Françoise Dolto pour dissiper une classe. Je constate tout de même que les enfants sont moins concentrés qu’avant, qu’ils sont plus stressés car on leur en demande beaucoup à l’école et à l’extérieur. Ils doivent se dépêcher et n’ont pas le temps de se poser longtemps pour jouer par exemple.»

Quand vous étiez petite fille, quelle était votre matière préférée ?
Mme Falceto : « Toute avec une préférence pour le français. J’adorais la lecture. Ce n’est pas pour ça que je suis devenue une grande lectrice adulte. »

Et la matière que vous préférez enseigner ?
Mme Falceto : « Presque toute, je n’aime pas tout ce qui relève de la technologie. En France, on a une culture plus littéraire et dématérialisée. C’est un réel problème pour des matières telles que les sciences. Les enfants ont besoin de manipuler, de faire des expériences. De plus, il y a un manque de moyens, de salles, pour apprendre de façon plus concrète. Malheureusement il faut attendre le lycée pour obtenir ces moyens. »

Et l’école idéale selon vous…
Mme Falceto : « L’école idéale permettrait d’apprendre avec ses capacités. Le modèle Finlandais est un très bon modèle ; des salles de psychomotricité, des expériences concrètes…ah oui et aussi un enseignant supplémentaire par école bien sûr ! »

Et toutes les réformes qui touchent l’enseignement français aujourd’hui…
Mme Falceto : « Les réformes n’enlèvent rien au fait d’enseigner, d’échanger et de transmettre… Et c’est ça la base du métier d’enseignant. Néanmoins on ne nous facilite pas toujours le travail et certains d’entre nous se découragent. »

Mais les réformes exigent quand même un niveau universitaire de plus en plus élevé…
Mme Falceto : « Le danger de la formation des enseignants en université c’est de s’éloigner de la réalité du terrain de la maternelle et du primaire. On peut se poser la question de savoir si un universitaire accompli pourra se mettre à la portée d’un élève moins brillant. »

Alors que diriez-vous à vos élèves qui rêvent de devenir un jour professeur des écoles ?
Mme Falceto : « Vas-y fonce, c’est un très beau métier. C’est un travail passionnant. Enseigner, échanger, transmettre de la culture… donc moi j’adore ! »